Impérialisme d’exclusion et état d’exception

Après l’année 2008 et son krach, les plans de sauvetage, les banqueroutes étatiques et les mouvements de réfugiés qui en ont résulté ces derniers temps, il devient de plus en plus évident dans les centres que le capitalisme est en train de tomber en morceaux.

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Description

Après le krach de 2008, après les plans de sauvetage mais aussi les banqueroutes étatiques et les flux de réfugiés jetés sur les routes d’une odyssée désespérée, il devient de plus en plus évident, dans les centres du capitalisme comme dans ses périphéries effondrées, que ce dernier se disloque. Alors que l’humanité se défait toujours en un océan d’une extrême pauvreté où flottent les derniers îlots d’une richesse obscène, on voit se répandre, et pas seulement dans l’Europe de l’ouest, une terreur faite d’exclusion, de démarcation et de verrouillage des frontières. L’impérialisme de crise du XXIe siècle n’a définitivement plus les formes qu’il avait au XIXe siècle. À coups d’interventions militaires, de forces spéciales, de drones et d’encampements des masses de réfugiés, il n’est plus un impérialisme d’inclusion, mais vise bel et bien l’exclusion. En se confrontant de manière critique à Carl Schmitt et Giorgio Agamben, Robert Kurz montre avec force qu’en ce début de XXIe siècle le système producteur de marchandises en crise apparaît désormais à visage découvert, comme un état d’exception mondial et permanent, qui a déjà tous les traits de la nouvelle barbarie qui vient.